Réactions en chaîne (épisode 2)

C’est Julie qui arriva la première. A peine remise du goûter dans lequel elle avait, à la perfection, joué son rôle de domestique nue quelques jours plus tôt, elle s’apprêtait à passer une nouvelle soirée hors-normes. Mais elle était loin de se douter qu’elle allait vivre une expérience qui la bouleverserait. Elle s’attendait pourtant à tout. Alors, quand il l’emmena dans le salon et qu’elle découvrit ces chaînes pendues en plein milieu du plafond, elle esquissa un sourire narquois, pour faire bonne figure. Mais il n’était pas dupe : il avait bien vu qu’elle avait dégluti et que son sourire était crispé. Sans dire un mot, il la prit dans ses bras, la serra très fort et l’embrassa tendrement, lentement, à pleine bouche. Elle adorait l’effet que leurs baisers lui procuraient. Elle aimait plus que tout le contact de sa bouche, ses mains sur sa peau, son bassin contre le sien, son odeur. Elle aimait avoir la sensation de lui appartenir, d’être sa chose, son jouet. Il la déshabilla et l’approcha des chaînes, qu’il fit négligemment tinter après lui avoir bandé les yeux. Il entrava ses poignets dans l’une des deux paires de bracelets en cuir noir et épais qui étaient accrochées, de sorte que ses mains soient à la hauteur de son visage. Puis, sans un mot, il l’abandonna, seule dans le salon, de longues minutes avant de revenir à pas feutrés pour s’asseoir dans son canapé, jubilant d’observer sa proie à son insu… Il se régalait de cette situation qu’il avait pris du temps à préparer dans ses moindres détails. A cette heure, il ne se doutait pourtant pas qu’il allait vivre un spectaculaire feu d’artifices des sens qui dépassait l’entendement. Et que ce bouquet final, pour intense qu’il allait être, serait aussi éphémère qu’un feu de paille. Pour l’heure, Julie était entravée depuis 20 minutes lorsque Valérie et Philippe arrivèrent. Ils appliquèrent les consignes du maître des lieux, qui voulait impérativement que Julie ne soit pas en mesure de savoir à qui elle aurait affaire. C’est donc dans un silence monacal que la porte de l’appartement se referma sur eux. Ils déposèrent leurs manteaux à l’entrée et investirent le salon avec le même respect que s’ils pénétraient dans une cathédrale. Les talons de Valérie et les chaussures de Philippe claquaient sur le parquet. Julie frémit. Elle ne savait pas qui était là, ni combien de personnes exactement étaient alors présentes, mais elle devinait leurs regards se poser sur elle. Elle se sentait prise au piège, vulnérable. Elle aurait voulu la présence rassurante de son homme contre elle. Au lieu de cela, elle sentit une main prendre possession de son intimité avec autorité. Valérie, qui ne cachait pas son appétit féroce pour les femmes, avait plaqué la paume de sa main contre le pubis glabre de Julie tandis que son majeur et son auriculaire investissaient déjà son con. Julie poussa un râle de surprise en ouvrant la bouche et, par réflexe, saisit ses chaînes en même temps qu’elle cambrait sa croupe. Philippe observait la scène d’un oeil aussi amusé que gourmand. Valérie attrapa la nuque de Julie, agrippa ses cheveux et fourra sa langue dans sa bouche. Le baiser profond dont elle la gratifia fit couler l’une comme l’autre. Julie sourit en reconnaissant le goût des baisers de Valérie, qu’elle avait découverte quelques jours plus tôt. Elle était sa première femme, celle avec qui elle avait fait l’amour pour la première fois, lors de ce fameux goûter où elle était en service. Elle était heureuse de la retrouver ce soir. A ce baiser succéda une danse lente, silencieuse et hypnotique. Philippe et Valérie tournaient autour de leur proie tels deux fauves en chasse. Julie ne pouvait se fier qu’aux sons de la pièce : les pas sur le parquet, les chaînes qui s’entrechoquaient, des souffles qui, par moment, chatouillaient son cou, son ventre. Des lèvres se posaient sur ses tétons, des mains effleuraient son dos nu, le griffaient de la nuque à la croupe, puis se faisaient plus caressantes. Des pieds écartaient les siens, l’obligeant à écarter les cuisses et à livrer sa fente. L’un attrapait sa poitrine avec gourmandise tandis que l’autre pétrissait son cul. Une langue s’insinuait dans le sillon de ses fesses tandis qu’une autre embrassait son pubis. Elle était stimulée à de multiples endroits à la fois. C’est sûr, ils devaient être 4 ou 5, peut-être 6 à tournoyer autour d’elle. L’idée d’être livrée à autant de personnes l’avait effleurée. Et s’il avait décidé de lui faire vivre un gang bang ? De toutes façons, elle ne se posait pas plus de questions que ça : elle savait qu’elle n’avait pas droit au chapitre, elle subissait leurs attouchements, mais elle jouissait de cette situation. Devinant un début d’inquiétude, son maître se joignit bientôt à cette folle farandole. Il se positionna derrière elle, lui mordant la nuque comme le font les lions au moment de lâcher leur semence dans le ventre de la femelle à la saison des amours, tandis que Philippe se plantait face à elle. Coincée entre ces deux mâles excités par sa chair, elle offrait son corps, sa chaleur, ses courbes. Elle jouissait de s’exhiber ainsi, et de sentir leurs envies. L’un dilatait son cul avec ses doigts, l’autre investissait son con tandis que Valérie fourrait sa langue dans sa bouche. Elle était l’offrande, elle était la proie. Elle était l’objet du désir. Elle était un corps livré en pâture aux appétits d’inconnus. Connectée par le bassin, par devant à celui de Philippe, par derrière à celui de son maître, elle ondulait lentement, prenait plaisir à attiser leur érection. Enchaînée, elle se payait le luxe de faire sa salope, exagérait la cambrure de ses hanches, entrouvrait la bouche, sortait sa langue en lâchant des « haaan ». Elle pouvait sentir leur queue, raide, palpitante, piaffer d’impatience sous leur pantalon, prêtes à jaillir comme des diablotins qui sortiraient de sa boîte. Elle avait ce petit haussement de sourcils qu’il connaissait par coeur et qu’il aimait tant, et qui semblait dire « Hmmm, copieuse cette érection, vous m’avez mis en appétit mes chéris, j’aime vous sentir bander si fort« . Par moments, elle donnait de rapides coups de reins d’avant en arrière. Mise en confiance par la soirée précédente, elle savait qu’elle pouvait s’offrir les yeux fermés. Elle connaissait la bienveillance de son maître, son goût prononcé du jeu et l’amour intense qu’il lui portait. Elle savait qu’elle pouvait lui faire confiance. Et qu’il lui offrait un vrai espace de liberté, d’exploration, de découverte. Ce rituel ensorcelant et envoûtant pris fin au moment où la sonnette de l’interphone retentit. Vite, la suite.

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A propos tantramant

Connectés à mon coeur, enracinés dans mon ventre, les mots sont le miroir de mon âme. Parfois sensuels, souvent féroces, toujours sincères.
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