Rendre gorge, acte IV

Elle ne chercha pas à masquer sa contrariété.
Quel odieux personnage, pensa-t-elle. D’abord il boit sans même attendre de trinquer, ensuite il cherche à me faire prendre des positions humiliantes. Elle haussa les sourcils, dubitative et visiblement vexée (c’est du moins ce qu’il croyait), sa fierté piquée au vif, tout en se mettant à genoux. Il l’impressionnait. Ce qu’elle ne savait pas, c’est qu’il lui devenait de plus en plus inconfortable de tenir cette position à la limite du mépris. Il lui avait offert l’image d’un homme plutôt joyeux, voire jovial, avenant et profondément humain, il lui montrait tout autre chose ce soir-là. Jamais aucun homme n’avait osé la traiter de cette façon. Pourtant, être poussée dans ses retranchements de cette manière l’excitait. Ce que lui ne savait pas, c’est que sa moue de dépit cachait en réalité une excitation primaire, brute, brutale. Etre ainsi traitée lui donnait une indécente envie d’être troussée. Elle se prenait au jeu de ses vexations. Ce soir-là, elle avait trop envie qu’on lui rentre dedans. Et il s’y prenait à merveille. Alors elle obéit à son injonction et se mit à quatre pattes. Puis avança lentement vers lui, passa entre le canapé et la table basse ornée d’un paréo représentant des salamandres dans les tons terre de sienne et marron sur laquelle 4 bougies étaient posées aux quatre coins, pour arriver à ses pieds.
– Cambrez-vous madame. Un temps. Allons, allons, je suis sûr que vous pouvez faire beaucoup mieux que ça, lui dit-il en plantant un talon entre ses omoplates, la forçant à plaquer son visage et ses seins au sol. En marchant sur elle comme il le faisait, il s’asseyait littéralement sur sa bonne éducation, sur le respect qu’en temps normal il portait aux femmes. Il faisait la nique à la plus élémentaire des bienséances et aux codes de bonne conduite. Mais il le faisait amusé, conscient de jouer. Ainsi forcée et touchée, les spasmes de son corps la reprirent de plus belle. Le contact de sa chaussure sur le haut de son dos produisit le même effet que ses pouces quelques minutes plus tôt. C’était plus fort qu’elle. Sa croupe se mit à s’agiter, comme douée d’une vie propre, indépendante du reste de son corps. Elle frappait ses mains au sol en poussant des Haaan sourds comme si un invisible phallus la besognait en cadence.
– Vous voyez, c’est beaucoup mieux comme ça.
Un temps.
– Relevez-vous maintenant
, lui dit-il en lui tendant sa main pour l’aider. Le félon pourrait se vanter de lui avoir imposé des choses qu’elle n’aurait toléré de personne d’autre. Elle sut qu’il en avait pleinement conscience lorsqu’ils se regardèrent. Les yeux ne trompent pas. Elle se leva lentement pour se retrouver face à lui. Cette féminité sur laquelle il avait, et pas que symboliquement, posé le pied, se retrouvait à sa vraie place : face à lui, d’égale à égal. Il était soulagé. Mais se garda bien de le laisser paraître. Il lui tendit la flûte dans un sourire. Ils se toisèrent du regard et, sans un mot, trinquèrent à leurs audaces. Il empoigna une nouvelle fois sa crinière, à la base de sa nuque et avança ses lèvres lentement vers les siennes. Elles se soudèrent l’une à l’autre dans un baiser long et profond au goût de champagne. Puis, après avoir saisi un glaçon dans le seau, il l’appliqua sur la pointe de ses seins, qui durcirent de plus belle. Il parcourut, à même la peau, le chemin qui séparait ses mamelles de son clitoris et pu ainsi constater à quelle vitesse, une fois en contact avec son petit bouton, il se mettait à fondre. Elle était incapable de dire si le contact de ce froid était agréable ou odieux, elle oscillait entre souffrance et plaisir. Il ne le sut pas à ce moment-là, mais, contrainte de ne pas s’exprimer, elle faillit perdre connaissance en essayant tant bien que mal de maîtriser l’élancement que ce froid glacial lui infligeait. Elle tremblait de la tête aux pieds, les mains dans le dos, spectatrice de ce traitement dont elle était l’objet. Une fois le glaçon fondu, il réchauffa ses lèvres avec ses doigts. Elle tremblait. Son clitoris était aussi dur et proéminent que la pointe de ses seins.
Satisfait de l’état dans lequel elle se trouvait, il retira ses gants, les posa sur la table. Il se défit ensuite de sa veste, méthodiquement, la posa sur le dossier de la chaise en prenant soin de ne pas la froisser puis retroussa ses manches une à une. Il retira enfin les trois bagues qu’il portait à ses doigts et les posa sur la table en regardant sa créature droit dans les yeux. Elle ne baissa pas les siens. Il aimait cette confrontation à distance. Il s’assit sur la chaise qu’il avait disposée au milieu de la pièce et saisit la femelle par le poignet. Il la pencha en avant, la forçant à s’installer sur ses genoux et à lui offrir ses fesses. La rapidité de cette bascule lui fit un peu penser à celle avec laquelle, autrefois, on faisait basculer les condamnés à mort sur l’échafaud de la guillotine avant de leur trancher la gorge. Il prit le temps d’ajuster la position de la malheureuse. Elle pesait de tout son poids sur ses cuisses, bien en équilibre. Il avait une vue imprenable sur son séant. Ses fesses étaient parfaitement rondes, appétissantes, appelant la fessée oldschool qu’il s’apprêtait à lui infliger. Avant la première claque, il lui rappela :
45 minutes madame. 45 minutes de retard méritent bien une fessée à l’ancienne. Il caressa sa croupe, prit toute la mesure de cette chair offerte, remonta sur les reins, se risqua entre ses cuisses en prenant soin d’éviter soigneusement son sexe. Puis, sans prévenir, sa main s’abattit dans un premier claquement sec et rude qui arracha un cri à l’infortunée. Un second claquement fit rapidement suite au premier, sur l’autre fesse. Il alterna ainsi à un rythme soutenu jusqu’à ce que chacune d’elles soient bien rouges et chauffées. A chaque coup, elle poussait un petit couinement qui avait le don de l’exciter plus que de raison. Elle avait mal, mais elle était docile. Elle se soumettait totalement à cette correction qu’il lui infligeait. La position était on ne peut plus humiliante et régressive. Elle subit ainsi toute une variation de coups. Deux ou trois coups puissants succédaient à une série de petites tapes insignifiantes destinées à tromper son attention. Elle ne savait jamais quelle serait l’intensité du prochain coup porté, ce qui la mettait dans un état de tension invraisemblable. – 45 minutes madame. Ses petits cris se muèrent bientôt en sanglots. Mais toute sanglotante qu’elle était, il constata qu’elle mouillait abondamment et que son anus était très dilaté. Deux doigts y rentraient sans peine. Il alterna ainsi, tantôt des attouchements sur sa zone génitale, tantôt des claquements sur ses fesses. Il intensifia sa correction tout en faisant varier le rythme. Il restait ainsi de longues secondes sans la frapper, la main suspendue dans les airs, ce qui augmentait d’autant la tension du coup suivant. Dans l’attente de la prochaine volée, elle était ainsi parcourue de spasmes. Elle se mit à gigoter sur ses jambes. Ses fesses la brûlaient, elle se tortillait sur ses genoux sans qu’il sache si c’était sa manière de réclamer ses doigts dans son intime. Il saisit ses deux poignets et les maintint fermement dans son dos d’une main tandis que ses doigts fouillaient son entre-jambes. Le rouge écarlate de ses fesses contrastait avec le reste de son corps. Leur chaleur aussi : elles étaient brûlantes. Il les caressa, savourant leur fermeté. Satisfait de son comportement, il l’invita à se relever, ce qu’elle fit avec peine, les yeux tout embués de larmes. Touché au cœur, il saisit tendrement son visage à deux mains, lui sourit et l’embrassa à pleine bouche.
Vite, la suite.

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A propos tantramant

Connectés à mon coeur, enracinés dans mon ventre, les mots sont le miroir de mon âme. Parfois sensuels, souvent féroces, toujours sincères.
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