Réactions en chaîne (épisode 5)

Les fesses de Julie étaient écarlates. Non point qu’elle fut femme à manifester sa timidité ou sa pudeur par un afflux de sang aux fesses comme le rouge peut, à d’autres, venir aux joues. C’était évidemment la conséquence du traitement dont elle avait fait l’objet. La cravache, qu’il avait achetée spécialement pour elle lors de leur première rencontre, n’était d’ailleurs plus sur la table où il l’avait déposée en préambule de la soirée.
Tandis que Valérie embrassait Julie à pleine bouche tout en serrant délicatement son cou, Philippe avait entrepris de goûter la peau de Sido et de tester, en bon scientifique qu’il était, la réactivité de la pointe de ses seins. Action. Il était sur le point de faire une découverte majeure. Réaction. Comme par un fait étrange, plus il les titillait et plus elle se cambrait. Fort de son esprit méthodique et critique, il insista. La bouche de Sido s’entrouvrait à mesure que ses tétons se dressaient. Ainsi donc, lorsque la cambrure des reins de Sido était à son maximum, c’était sa bouche qui prenait le relais. Il consigna dans sa tête cet enchaînement de causes et de conséquences. Histoire de faire avancer la science encore un peu plus, Philippe glissa donc son pouce dans sa bouche. Elle se mit à le téter avec avidité. Réflexe pavlovien ou pur atavisme ? Toujours est-il qu’il imagina sans peine le plaisir qu’un homme devait ressentir à être ainsi sucé. Devinant son interrogation, le maître des lieux acquiesça en souriant.
De son côté, Valérie prenait un grand plaisir à jouer avec Julie, qu’elle avait rencontré quelques jours plus tôt lors d’un goûter mémorable. Soucieuse de bien faire, cette dernière s’était alors jetée sur l’intimité de Valérie avec un appétit qui frisait la voracité, savourant à pleine langue le moindre recoin de son con, goûtant ses sucs avec curiosité et entrain.
Pour l’heure, c’était Valérie qui dégustait ceux de Julie. Accroupie derrière elle, elle écartait les deux lobes de ses fesses, un peu comme on fend un abricot bien mûr en deux pour se délecter de son jus sucré. Elle faisait courir sa langue sur le sillon trempé de ses fesses, s’abreuvait à sa source et l’infortunée Julie se tortillait en appui sur ses chaînes en émettant des petits couinements qui émouvaient son maître autant qu’ils le rendaient fou de désir.
Bientôt, Philippe s’éloigna de Sido pour se rapprocher de Julie, occupée à sucer les doigts de son maître avec un talent sans égal, et Valérie se rapprocha de Sido. Les convives passaient ainsi de l’une à l’autre, picorant comme le feraient les convives d’un buffet, de sorte que chacune ne sache jamais vraiment combien de personnes gravitaient autour d’elles. Elles n’avaient plus aucune certitude quant au nombre d’invités qui se régalaient de ce banquet.
Valérie déposa ses mains bienveillantes sur le visage de Sido, ce qui procura à cette dernière un surcroît d’excitation dû à cette tendre attention. Julie se retrouva coincée entre Philippe et son maître, leurs trois bassins connectés ensemble. Elle était prise en sandwich entre les deux mâles dont elle pouvait sentir la solide érection à travers leur pantalon. Chacun d’eux y allait de ses mouvements de bassin, simulant une lente et puissante double pénétration. Julie tremblait de la tête aux pieds. Sa langue sortait de sa bouche, cherchant un improbable phallus à téter, ou la langue de son maître pour établir un contact qui la ferait mouiller davantage encore.
Chauffées à blanc l’une comme l’autre, il était temps désormais de les réunir.
Sans mot dire, le maître des lieux signifia à ses complices de passer à l’étape suivante. Il détacha les mains de Sido en lui murmurant qu’il était fier d’elle et qu’elle était belle. Puis il la présenta face à Julie et attacha ses bracelets aux chaînes. Elles étaient désormais entravées à quelques centimètres l’une de l’autre, à portée de souffle, et seuls leurs yeux bandés les empêchaient de comprendre ce qui se tramait.

Ce qu’elles imaginaient, ou redoutaient, prenait soudain forme et se confirmait : celle qui était en face de chacune, c’était l' »autre », cette autre dont il leur avait déjà parlé. A chacune il avait expliqué qu’il y avait une femme dans sa vie. Une femme qui comptait. Et qu’il songeait sérieusement à les réunir. Par goût du jeu, par amour, et ce petit brin de folie qui caractérise certaines âmes, cette fêlure nécessaire, qui permet de laisser passer la lumière. Et parce qu’il les connaissait toutes les deux, et qu’il pressentait une ré-union aussi féroce qu’amoureuse entre eux trois…
Elles étaient désormais enchaînées l’une en face de l’autre. Leurs lèvres se soudèrent dans un baiser profond tandis que les invités s’étaient, un temps, éloignés pour savourer ce spectacle. Lui, il était aux anges, bien que dans ses petits souliers. Pour le moment, elles n’avaient exprimé aucune plainte, pas la moindre contrariété à l’horizon. Le ciel était bleu, le vent calme. Ils étaient au cœur du cyclone… A suivre.

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A propos tantramant

Connectés à mon coeur, enracinés dans mon ventre, les mots sont le miroir de mon âme. Parfois sensuels, souvent féroces, toujours sincères.
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3 commentaires pour Réactions en chaîne (épisode 5)

  1. Vivienne dit :

    A suivre, à suivre, et puis plus rien ?
    Je me suis délectée à parcourir quasiment tous vos textes, vous avez un talent certain pour mêler la ferveur du sexe à la douceur de l’amour… Alors continuez ! 🙂

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    • tantramant dit :

      Aaaah c’est donc vous qui avez pulvérisé les stats de mon site il y a quelques jours ? Ma curiosité est piquée : par quel biais êtes-vous arrivée jusqu’ici ?

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      • Vivienne dit :

        Oui ! Oui ! Oui ! Je l’avoue, c’est bien moi 🙂
        Pour la petite histoire, je suis arrivée à vos pages via un commentaire que vous avez laissé chez Comme une Image, que je suis dans l’ombre depuis déjà un bon bout de temps… J’étais curieuse de découvrir l’univers de l’un des participants de cette, semble t’il, si folle soirée…

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