Ca a existé

« Ca a existé. » C’est fou comme en quelques mots la vie peut reprendre son cours, la joie se frayer un chemin, péniblement d’abord, puis avec un peu plus de force, se glisser entre les fissures de la tristesse et des remords, comme le ferait l’eau fraîche d’un torrent qui viendrait remplir les craquelures d’un lit asséché par la chaleur de l’été, emportant avec elle le désamour, les regrets et le chagrin.
« Ca a existé. » Trois mots qu’une amie de coeur, qui sait ce que c’est que les drames pour en avoir vécu un épouvantable, m’a envoyés à propos de cette belle histoire d’amour avortée, fauchée en plein vol, étouffée dans l’oeuf.
Oh, pour l’instant il n’a rien d’un fleuve bouillonnant, ce torrent de joie que j’espère. J’arrive tout juste à l’entendre gronder, là-haut, tout en haut de la montagne, là où je suis resté perché comme un con avec mon amour, et d’où je vous écrit aujourd’hui.
Hier encore, j’y criais de toutes mes forces quelque chose comme « Je suis le roi du monde », parce que je l’aimais comme un fou, parce qu’elle était belle, parce que j’avais trouvé en elle une partenaire à la mesure de ma démesure.
Je suis le roi du monde !!! Et l’écho me renvoyait ces mots et je m’en nourrissais. Et c’était bon de l’aimer. Putain que c’était bon.
Non, il n’en est pas encore à reprendre son lit, mon torrent. C’est pour le moment un mince et fragile filet d’eau qui s’infiltre dans la terre, semblant disparaître avec fatalité entre les lézardes du lit aride et sec de ce qui fut, il n’y a pourtant pas si longtemps, un fleuve puissant et gorgé de vie.

Ca a existé. Oui, ça a existé. La rencontre a eu lieu. Ce qui était à vivre l’a été. Et avec majesté s’il vous plait. Avec audace. Avec panache.
De l’audace et du panache, il en a fallu à V. pour oser se présenter les yeux bandés devant sa porte sans connaître ni son visage, ni son nom de famille, ni même son numéro de téléphone. Rien, absolument rien qui puisse lui permettre d’identifier cet homme à qui elle avait l’impression d’appartenir avant même qu’ils se fussent rencontrés. Et comme si ça ne suffisait pas, il lui avait imposé un trajet de presque deux heures en transports en commun, nue, ou quasiment, sous son trench. Mais ça n’était rien en regard de ce qui l’attendait ce soir-là.
A suivre.

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A propos tantramant

Connectés à mon coeur, enracinés dans mon ventre, les mots sont le miroir de mon âme. Parfois sensuels, souvent féroces, toujours sincères.
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2 commentaires pour Ca a existé

  1. vagant75 dit :

    Très bien écrit. C’est quand le lit est sec que l’encrier est plein.

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    • tantramant dit :

      Tu me permettras de ne pas être trop d’accord avec toi sur la qualité de cette écriture-là. Je trouve le style médiocre, le propos n’était pas tant de faire quelque chose de stylé mais bien de répondre à une espèce d’urgence cathartique. C’est un exercice littéraire particulier, quand tu aimes les mots, que d’écrire une histoire en sachant à l’avance qu’on n’aimera pas la fin. Ceci dit, merci pour tes encouragements, ils me touchent.

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