Ca a existé, épisode 3

Après le coup de foudre épistolaire, un autre coup de foudre. Charnel celui-là. Epidermique.
Plantée devant le seuil de son appartement, la lecture de ses instructions, qu’elle découvrait placardées sur la porte, lui avait donné envie de faire machine arrière. Elle savait qu’elle avait encore cette possibilité-là. Et qu’il ne lui en voudrait pas. Pourtant, elle ravala sa salive et prit une grande et profonde inspiration juste avant d’appuyer sur la sonnette.
La porte s’ouvrit immédiatement, ça la fit sursauter. Il la saisit d’une main ferme par la nuque et l’entraîna dans son couloir sans prononcer un seul mot. Puis la porte se referma derrière elle dans un claquement sec. Il était là.
Elle était nue sous son trench noir, perchée sur des talons hauts, juste vêtue d’un porte-jarretelles et de bas noirs, son sexe glabre à l’air, sur le point de s’offrir à un inconnu. Elle n’avait pas encore vu son visage. Elle ne connaissait d’ailleurs ni son nom de famille, ni son numéro de téléphone, ni le son de sa voix, ni son âge, ni sa corpulence. Elle était chez un homme que rien ne lui permettrait d’identifier. De lui, elle ne connaissait que son prénom, qu’il avait lâché dans leurs échanges de mails, et ses intentions : lui infliger une fessée old-school et la baiser comme une petite putain si elle était à son goût. Et elle ne tarda pas à comprendre qu’en effet elle lui plaisait. Il empoigna ses cheveux et l’emmena tout au bout de son couloir, ouvrit la porte et la planta au milieu de son salon. Sans avoir prononcé un seul mot. Le silence ajoutait une couche intense d’un érotisme qui saturait pourtant déjà l’air tant il émanait de V. quelque chose d’absolument érotique. Son aura était sulfureuse, ultra sensuelle. Elle brûlait d’envie de se soumettre, entre eux, ça ne pouvait qu’être explosif.
La pièce baignait dans une musique lancinante, lente, hypnotique mais c’est à peine si elle la discernait tellement son coeur battait vite. Elle n’entendait plus que ça : le battement de son coeur qui allait s’accélérant.
Lui, il faisait le tour du propriétaire. Il la jaugeait, profitant de l’ascendant qu’il avait sur elle : il observait ce qu’il devinait de ses courbes, cachées par son trench, découvrait la couleur de sa peau, appréciait sa posture (tête baissée, mains le long du corps), reniflait déjà l’odeur de ses cheveux, de son cou, s’amusait de ses tremblements.
Elle pouvait entendre le bruit de ses souliers sur le parquet. Des tintements de chaîne parvinrent jusqu’à elle.
Il se planta derrière elle, saisit son trench à deux mains, par le col, et le fit violemment tomber au sol. Ca n’est pas tant que le geste était violent. La situation l’était. Elle exposait désormais sa nudité à un inconnu. Mais elle ne bronchait pas, la tête toujours baissée, les bras toujours le long du corps.
Il posa ses mains sur ses épaules, en apprécia la douceur, puis descendit lentement, très lentement, sur ses hanches, d’une largeur parfaite. Il découvrait la géographie de son corps, en appréciait les vallons. Ses mains remontèrent sur son ventre, bien à plat, puis sur sa poitrine, au galbe parfait. Les tétons pointaient effrontément. Elle avait choisi sa poitrine. A 20 ans, elle faisait déjà preuve d’un sacré tempérament et d’opiniâtreté. La nature l’avait faite toute plate ? Qu’à cela ne tienne, elle se modèlerait selon ses propres désirs et s’offrirait ces seins que la nature lui avait refusé. Certaines femmes ont des seins maternels, ou infantiles. Elle faisait partie de ces femmes qui avaient une poitrine érotique.
Assise dans le canapé, Fleur assistait à la scène avec toute la gourmandise et l’espièglerie qui étaient la sienne. Cette libertine avec laquelle il avait l’habitude de jouer était d’une étonnante assurance. Elle n’avait pourtant pas 30 ans et affichait un aplomb et une maturité que bon nombre de libertines plus âgées n’auraient sans doute jamais. Fleur était joueuse, généreuse et, surtout, savait rester à sa place. Au dernier moment, il avait pris la décision de l’inviter sans prévenir son hôte. Est-ce par pur vice qu’il avait fait ce choix ? A moins que ce ne soit la volonté que quelqu’un puisse témoigner de cette rencontre hors-normes ? A suivre.
Publicités

A propos tantramant

Connectés à mon coeur, enracinés dans mon ventre, les mots sont le miroir de mon âme. Parfois sensuels, souvent féroces, toujours sincères.
Cet article a été publié dans Non classé. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Un commentaire pour Ca a existé, épisode 3

  1. Ping : Ca a existé, épisode 2 | Voyages immobiles et (parfois) indécents

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s