La fille de l’ombre

Longtemps j’ai cherché des traces d’elle. Des traces de Lou, la fille de l’ombre. Un mot qu’elle aurait laissé dans mon appartement, un numéro de téléphone sur le miroir  de ma salle de bains, un billet dans ma voiture, une piste à suivre, quelque chose. Mais rien. Rien. Elle est partie sans laisser d’autres traces que ses empreintes dans mon coeur. Elle m’a dit au revoir sans un mot, un léger sourire aux lèvres, et elle s’en est allée, de sa démarché féline, lentement, sans se retourner. Tout simplement.

Laisse-moi au moins t’accompagner jusqu’au quai de la gare, que je lui crie. Un geste de sa main, levée au niveau de sa tête, sans même se retourner vers moi, m’intime l’ordre de rester où je suis, campé sur mes deux pieds, à l’aplomb de ma moto, idiot. Alors je la regarde s’éloigner. Aujourd’hui, comme à l’époque d’ailleurs, je vois la scène se dérouler au ralenti. Pour un peu, la majesté théâtrale de son départ viendrait presque atténuer ma tristesse. Et petit à petit, par une curieuse alchimie dont ma poitrine serait le chaudron, la tristesse laisse la place au soulagement. Soulagement que ça se passe aussi doucement, sans heurt. A suivre

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