Le goûter (5)

Dimanche 30 novembre, 17h22.
Lorsqu’elle revint dans le salon, elle se positionna dans un coin de la pièce, les mains dans le dos, prête à servir. Les convives ne semblèrent porter aucune attention à son retour, ils discutaient tranquillement.
Ils papotèrent ainsi pendant une bonne vingtaine de minutes avant que le maître des lieux ne se décide à lui ordonner :
– Julie, il est temps d’aller préparer le thé.
– Bien monsieur.
Elle se dirigea vers la cuisine avant qu’il n’intervienne à nouveau : 
– Je te rappelle que mon parquet est toujours souillé. Tu vas mettre l’eau du thé à chauffer et tu reviens me nettoyer ce parquet, s’il te plait.
– Oui monsieur.
Julie obtempéra. A sa plus grande surprise, elle prenait de plus en plus de plaisir à investir son rôle de domestique. A la peur de le décevoir succédait le goût du jeu.
Après avoir rempli la casserole, elle revint avec une bassine et se pencha pour éponger le parquet Versailles.
– Pas comme ça voyons, c’est le meilleur moyen de te faire mal au dos, enfin. A quatre pattes, ce sera mieux, sourit-il.
– Elle est belle, soupira Valérie en flattant sa croupe ainsi offerte. Pierre s’approcha d’elle et pétrit les fesses de Julie, qui marqua un temps d’arrêt devant l’intérêt que suscitait son séant.
– Que ça ne t’empêche pas de terminer ton nettoyage, réagit son maître.
Elle acheva d’éponger le sol tandis que Valérie et Pierre prenaient toute la mesure de ses hanches, leur fermeté, leur galbe, la douceur de sa peau, sa chaleur, la robustesse de son dos. Pierre flattait sa croupe comme un cavalier le ferait avant de monter son pur sang. Julie resta immobile et baissa la tête en même temps qu’elle cambrait sa croupe.
– Vous voyez ce que je vous disais ?, s’esclaffa le maître des lieux, admiratif. Voilà exactement ce qui me rend dingue chez elle : son sens inné de la soumission. Nul besoin de lui demander de se cambrer et de baisser la tête, elle le fait d’instinct. Sa posture est remarquable.
– Elle est accueillante et très réceptive aux caresses,
poursuivit Pierre, tandis qu’il effleurait maintenant l’intérieur de ses jambes en remontant lentement des mollets jusqu’en haut des cuisses, sans oublier son pubis et son ventre (elle adorait qu’on lui caresse le ventre), mais en prenant soin d’ignorer soigneusement ses lèvres et son clitoris.
Valérie, elle, attrapa les cheveux de Julie, releva son crâne et la gratifia d’un baiser profond. Ainsi connectée à Valérie par la bouche et à Pierre par ses doigts, elle sentit monter une insupportable envie de jouir. Elle se sentait soudain plus femelle que domestique. Elle se mit à gronder, à râler et à tortiller son bassin, d’abord lentement, puis avec de plus en plus d’amplitude, signe que sa jouissance, trop longtemps retenue, était proche. Pierre le remarqua aussitôt et stoppa net ses stimuli. Valérie retira sa bouche en même temps tout en empoignant sa crinière d’une main.
Une fois de plus, Julie était privée d’un orgasme retentissant. En réponse à cette frustration, elle se mit à trembler des pieds à la tête, son bassin imprimant de brusques mouvements d’avant en arrière comme s’il cherchait un invisible phallus sur lequel s’empaler et soulager la tension qui avait pris possession de son ventre. Elle n’en pouvait plus de cet orage qui ne demandait qu’à éclater. Elle grognait, poussait des « haaaan » comme une chatte en chaleur, sa langue sortait de sa bouche, cherchant celle de Valérie, elle frappait le sol de ses poings.
Et de dépit.
Elle trépignait, elle aurait voulu hurler qu’on la prenne. Elle aurait pu frotter son sexe contre le parquet en miaulant qu’elle l’aurait fait.
Les quelques coups de cravache que son maître lui administra lui arrachèrent des cris. Non pas qu’elle en souffrait, non, il connaissait parfaitement la force à appliquer pour lui faire vraiment mal et là, il en était très loin. Elle profitait des coups reçus pour expulser par ces cris sa frustration de ne pas être prise. Mais ses grognements et le claquement sec du cuir de la cravache sur ses fesses excitaient les invités…

– Profitez du spectacle, mes amis. Quoi de plus beau qu’une femme en désir, quoi de plus beau… Et laissez faire, elle se calmera toute seule. En attendant, reste à genoux, les mains en appui sur tes talons, et les cuisses ouvertes. Et respire.
Pendant que Julie essayait de se calmer, Valérie sortit de son sac une petite paire de pinces à seins équipées d’une clochette à leur extrémité.
– Tu m’autorises ?
– Je t’en prie. 
Valérie se mit à genoux face à Julie et entreprit de téter la pointe de ses seins tout en caressant son visage.
– Ca n’est pas comme ça qu’elle se calmera, rit Pierre.

Valérie tira légèrement sur les tétons de Julie et plaça les pinces en faisant tinter les clochettes.
– Le but n’est pas qu’elle ait mal. C’est pour qu’elle se sente « tenue ». Et les clochettes, ça te permettra de toujours savoir où elle se trouve.
De fait, les grelots tintèrent tous seuls quelques minutes, le temps pour Julie de reprendre le contrôle de son corps. Elle se releva aux ordres de son maître et retourna dans la cuisine où l’eau bouillait depuis si longtemps que la moitié s’était déjà évaporée. Elle compléta le niveau et prépara le plateau de thé avant que l’eau n’ait de nouveau atteint la bonne température.
Les invités s’étaient installés autour de la table. Une table ronde avec des pieds en métal entrecroisés en X qui soutenaient un lourd plateau en verre. Julie espérait croiser le regard des invités, ou de son maître, y trouver de la connivence, du désir, ou quelque chose qui trahirait leur envie subite de se vautrer sur elle. Quand même… elle devait être aussi féroce leur envie, non ? Elle cherchait des indices, quelque chose, n’importe quoi qui lui montrerait qu’ils étaient eux aussi dépassés par la frustration.
– C’est un Jiang Xi Impérial, un thé noir de chez Mariages Frères, vous allez m’en dire des nouvelles… Son nom est aussi imprononçable que sa saveur est exquise.

Julie posa le plateau sur la table, disposa trois assiettes blanches, les petits fours sucrés et les fruits que les invités avaient apporté. Elle saisit la théière d’une main en prenant soin de bloquer d’un doigt le couvercle.
– Très élégant ce geste, commenta Valérie, qui était passée maître dans l’art de voir la beauté de certaines postures. Je peux ?, demanda-t-elle en sortant son appareil photo.
– Be my guest. A suivre…

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